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  • aurelielucas26

La Famille d'Etienne Coste

Dernière mise à jour : 25 juin 2021

L’incroyable destin de la famille Coste.


Le Grande Dérangement provoque de nombreux rebondissements au sein des familles acadiennes. Lorsque le gouverneur de la Nouvelle-Ecosse, Charles Lawrence, ordonne le renvoi de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants du territoire de la Nouvelle-France, il sait parfaitement qu’il leur réserve un bien triste sort. En 1755, les Acadiens sont forcés d’abandonner leurs fermes, leurs animaux, de partir pour des territoires qui leur sont inconnus. Du jour au lendemain, ils se retrouvent sans domicile, entourés d’étrangers qui refusent catégoriquement de les accueillir dans leurs pays. Des familles entières sont séparées pour ne plus jamais se retrouver. Des veuves, des orphelins, des couples séparés peuplent ces groupes de miséreux. Cet exode est, encore aujourd’hui, l’un des évènements les plus tragiques que le Canada ait connu, avec un total de quinze mille personnes déportées entre la France, l’Angleterre et les treize colonies britanniques.


La population miquelonnaise est celle qui a été le plus déportée de toute l’histoire de l’Acadie. Le village de Miquelon est également le premier à avoir été reconstruit après le Grand Dérangement, ayant accueilli plus de 600 Acadiens entre 1763 et 1767.


La famille Coste fait partie de ces malheureux chassés de leurs territoires. Elle a été un témoin direct de tous ces exils à répétition.


Arrivés à Port Royal vers 1690, les Coste connaissent un premier exil en 1713 après la signature du traité d’Utrecht : l’Acadie française est cédée à la Grande Bretagne, sauf l’Île Royale et l’Île St Jean. Ils s’installent alors à Louisbourg, sur l’Île Royale. En 1758, ils sont renvoyés en France après la prise de la ville par les forces britanniques. Après avoir passé quelques années en Métropole, la famille Coste décide de retraverser l’océan Atlantique en entendant la bonne nouvelle : l’archipel de Saint Pierre et Miquelon est rétrocédé à la France. Ils mettent le cap vers cette nouvelle terre promise !


Ainsi, les frères Coste , François (1741), Pierre (1743), Jean (1746) et Etienne (1751), accompagnés de leurs parents Jean et Madeleine, quittent la France avec leurs épouses et leurs enfants pour venir s’installer à Miquelon. Ils y construisent leurs maisons, cultivent leurs jardins, pêchent la morue et participent au développement du village. Malheureusement, comme l’histoire le raconte, ils sont une nouvelle fois déportés à La Rochelle et St Malo en 1778. Ils reviennent à Miquelon en 1784. Contre toute attente, ils subissent un nouvel exil en 1793, cette fois-ci à Halifax. Ils sont alors emprisonnés pendant deux longues années. Fatigué par tous ces périples et les mauvaises conditions sanitaires, Jean Coste senior décède en prison. La famille Coste est à nouveau renvoyée en France. C’est la troisième déportation !


Née en 1782 à Ingouville en Seine-Maritime, Catherine Hanouet rencontre Etienne Coste au Havre entre les années 1795 et 1797. Alors âgé d’une vingtaine d’années, Etienne lui raconte l’histoire de son père, Jean Coste Junior, et toutes les péripéties que ses oncles et tantes ont traversées avant d’arriver au Havre. C’est en l’écoutant lui raconter toutes les difficultés rencontrées, tous les drames vécus, qu’elle a pu mesurer la grandeur de leur courage : après avoir affronté les maladies, la famine, les mers déchaînées et bien d’autres situations, la famille Coste se tient encore et toujours debout, prête à affronter la suite.


Catherine Hanouet épouse Etienne Coste en 1800. Ensemble, en 1816, ils décident de revenir à Miquelon. Ils font naufrage sur les côtes de l’île de Jersey en mars 1816, à bord du navire « La Balance ». Plusieurs morts sont à déplorer mais grâce à leur bonne étoile, ils survivent à cette tragédie.


Ils arrivent à Miquelon et s’y installent définitivement à la fin de cette même année. Etienne y décède en 1843 et Catherine le rejoint en 1857. Seule la tombe de Catherine est encore visible aujourd’hui dans le cimetière de notre commune.


Il reste aujourd’hui quatre tombes acadiennes dans le cimetière de Miquelon, derniers vestiges de ce peuple martyr, éternels témoins de leur épopée. Elles sont inscrites au titre des monuments historiques depuis 2011.


Nous vous invitons à vous y recueillir, en l’honneur de tous ces Acadiens qui ont risqué leur vie pour rester Français.





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