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  • aurelielucas26

Anne de St Etienne de La Tour

Dernière mise à jour : 2 mars 2021

Saviez-vous que le corps d’Anne de St Etienne de la Tour, l’arrière petite fille de Charles de St Etienne de la Tour, repose quelque part dans le cimetière de Miquelon ?


Recensée sur le fameux registre paroissial de 1767, Anne était mariée à Paul Leblanc, fils de Jacques dit « Le Maigre » Leblanc, depuis 1758. Ils avaient légitimé leur cérémonie à Miquelon, en l’église de Notre Dame Des Ardilliers. Elle était arrivée à bord du St Jacques, la goélette de Jacques Vigneau, accompagnée de sa sœur jumelle Jeanne de St Etienne de la Tour, mariée à Joseph Guilbaud. Elle décéda à Miquelon en 1769, soit un an avant le décès d’Anne Claire Du Pont de Renon.


Mais tout d’abord, pourquoi ce nom de famille est-il si important ?


Grâce à la renommée de son arrière grand-père.


Charles de St Etienne de la Tour est arrivé à l’âge de 14 ans à Port Royal, accompagné de son père, Claude de St Etienne de la Tour, en 1610. Ce dernier avait été assigné pour accompagner Jean de Biencourt de Poutrincourt, chargé pour mission de réoccuper l’établissement de Port Royal, préalablement abandonné pour insuffisance financière. Malheureusement, les Anglais attaquèrent leurs installations en 1617. Poutrincourt dû retourner en France avec les colons survivants. Son fils, Charles de Poutrincourt, resta avec Charles de La Tour, son lieutenant. Ils se réfugièrent chez les Mi’kmaqs et s’engagèrent dans le commerce de la fourrure pendant quelques années. Ce business deviendra quelques temps plus tard la puissante Compagnie de la Nouvelle-France. Biencourt Fils décéda en 1623, ce qui obligea Charles de La Tour à prendre la tête de la colonie. Suite aux conflits militaires de plus en plus fréquents et le déclenchement de la guerre entre la France et l’Angleterre en 1627, Charles écrivit au roi Louis XIII ainsi qu’au Cardinal de Richelieu pour leur faire part de ses inquiétudes. En échange, la France envoya des hommes, des armes et du ravitaillement pour subsister. Claude de la Tour, son père, fût prisonnier des Anglais en 1629. Face à la promesse d’obtenir de généreuses concessions de terres au profit d’une alliance, De La Tour Père se rallia à leur cause et supplia son fils, Charles, de faire de même. Ce dernier refusa fermement, « souhaitant plutot la mort que de condescendre à une telle meschanceté que de trahir son Roy ». Face à sa ténacité, Claude recourut à la force et attaqua son propre fils avec ses troupes. Charles défendit avec triomphe son bâtiment, le fort Lomeron, dernier vestige français à l’Est du Canada. Penaud, son père fît demi-tour avec les Anglais.


Charles de St Etienne de la Tour connût bons nombres de péripéties, digne du Grand Homme qu’il était. Après avoir triomphé de nombreuses batailles, il se retira avec sa femme, Jeanne Motin, arrière grand-mère d’Anne de La Tour, au Cap de Sable, où il mourut en 1666. En tout, il demeura 56 ans en Acadie. Ce fût, en partie, grâce à lui que l’Acadie conserva sa culture française.




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